EPISODE N° 41 : Mangez moi… mangez moi… mangez moi…

E41

Vous vous souvenez de ce clip de Billy Ze Kick et des gamins en folie ? VIDEO

Sachez que cet épisode n’a aucun rapport, ni avec le titre, ni avec les substances plébiscitées par ces jeunes énergumènes.

Alors, pourquoi vous titiller le cortex avec cette insupportable ritournelle, me direz-vous à juste titre ?

Eh ben parce que !

Parce que depuis que j’ai posé le pied (gauche) par terre ce matin, cet air vicié comme une pub Car-Glass me harponne le bulbe et fait fuir le peu d’inspiration que je suis en droit d’attendre des rares neurones survivants d’une soirée thaï-rhum.

Et comme je suis du genre partageur, si vous ne voulez pas que je vous la chante à mon tour, vous avez intérêt à lire la suite… sinon !!! Mangez moi… Mangez moi…

Merci à ceux qui continuent la lecture, je les épargnerai de ce supplice musical. Oh, je sais ! C’est pas joli joli de menacer de telles tortures mon lectorat qui fait déjà un effort surhumain pour suivre mes pérégrinations, mais il n’y a pas de raison que vous ne profitiez pas de ce gloubi-boulga auditif.

Maintenant que nous sommes entre nous, débarrassés des parasites synaptiques et donc forcément sur la même longueur d’onde, je vais pouvoir vous raconter l’histoire qui me tenait à chœur ce matin !

Resituons l’histoire. (Je trouve que c’est important de resituer l’histoire, parce que dans 200 ans, quand de brillants thésards analyseront mon œuvre, il auront la tâche facilitée par toutes ces références historiques fiables. Ils pourront ainsi combler certains trous dans l’historique de la reconstruction de Paris fin XXème, début XXIème.

Il y a eu l’époque Haussmannienne, et je ne désespère pas qu’il y aura une ère Lyrkhanienne étant donné le nombre de conneries que je laisse traîner derrière moi (Et, puisque l’habitude est de décréter les ères post-mortem de leur initiateur, je ne serai plus là pour vivre cette prophétie, et donc personne ne peut m’interdire d’y croire (d’ailleurs en voilà une idée intéressante ! Plutôt que de choisir, après sa mort, qu’une personne deviendra une célébrité qui traversera les siècles, pourquoi ne pas choisir dès la naissance, et au hasard, un enfant que l’on glorifiera pendant les siècles à venir… (C’est marrant, je me dis que finalement ça me dit quelque chose ce truc ! Mais si ! Une personne élue… avant même qu’elle n’ait fait la preuve du moindre talent… si ce n’est celui de brailler…, pour devenir une étoile dans le ciel pour les siècles à venir…, je l’ai déjà entendu ça, mais je ne situe plus le contexte précis… (Ah mais si !!!! Quelle andouille, évidemment,… Vous avez trouvé ? … Exactement ! Bravo ! Merci ! Je commençais à craindre pour ma santé mentale… C’est Secret Story voyons !!! Oui, et il y a même la scène du mec qui en trahit un autre après le déjeuner !!! Ah je suis rassuré ma culture ne s’est pas dissolue dans le rhum d’hier…))))) – Moi j’ai trouvé 5 parenthèses, mais vous pouvez vérifier si vous n’avez pas confiance…

Allez, j’m’y remets. Resituons donc notre narration, le bug de l’an 2000 et le siège d’une compagnie ferroviaire, cela réveille-t-il quelques connexions sub-capillaires ? La soluce est à lire dans l’Episode N° 10. C’est aussi une des raisons de mon affection pour le « resituage » des textes. Je peux ainsi refourguer un lien vers d’autres épisodes. Et, grâce à ce subterfuge, accroître le nombre de vues sur mon blog. Promis, juré je n’ai jamais travaillé chez VW… De toute façon, avec un grand-père démonteur chez Citroën* (Et tac ! un autre lien), mon CV n’aurait jamais passé la frontière.

Allez promis, j’arrête les digressions et je commence enfin l’histoire.

Sur ce chantier aux difficultés hors normes (comme tous, me diront mes collègues !), le relâchement post-livraison avait été particulièrement joyeux et festif**. Le directeur de l’opération savait particulièrement y faire pour créer les occasions de se retrouver dans la bonne humeur, et celle qui va nous occuper aujourd’hui me tient tout particulièrement à cœur.

D’abord parce qu’il met en scène les deux personnes les plus importantes de ma vie professionnelle. D’un côté, ce Directeur, qui a eu la mauvaise idée de nous quitter un peu trop vite, et m’a enseigné l’art du « on peut faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux ». Et de l’autre, un patron de bureau d’étude technique, qui lui m’a enseigné comment on calculait de tête la puissance nécessaire pour réchauffer une pièce avec une centrale d’air. (Et là, croyez-moi, dans le bâtiment, cela impressionne largement plus que de connaître les équations de Cauchy-Rieman***). Si vous êtes sages, je vous révélerai ce secret, que normalement on se passe que de bouche de Druide à oreille de Druide.

Ce chantier fut l’occasion de leur première rencontre et j’étais leur témoin. Notre cher (par le prix évidemment) bureau d’étude nous était d’un secours infini pour mettre en service notre bousin, et il faut clairement avouer que sans lui, on serait encore à faire pédaler des hamsters dans les roues des moteurs de désenfumage de ce p… de bâtiment. D’autant que j’avais déjà pas mal à faire avec le bug de l’an 2000, notre cher « Bestiplus » (nom de son bureau d’étude (et j’y peux rien si les bureaux d’étude ont toujours des noms ridicules)), passait un temps incalculable sur le chantier et le temps c’est… Exactement ! (Dans un prochain épisode, je vais essayer de vous faire deviner mes fins de phrases, ça pourrait être rigolo comme exercice, tiens !)

Et, en fin de chantier, il est une pratique rituelle amusante, c’est celle du décompte définitif… L’occasion de re-re-re-re-discuter d’argent avec nos sous-traitants ! C’est vrai quoi, si on peut pas marchander un peu, on s’emmerderait ferme, vous trouvez pas ? (Ceux qui on dit « oui » ne sont probablement pas des sous-traitants du BTP).

L’occasion est d’officialiser toutes les retenues financières que l’on a pratiqué pendant le chantier, retenues correspondant à la mise à disposition des cantonnements, des monte-charge, de la grue, de l’infirmière, etc, etc… (Euh pour l’infirmière, je reformule, car j’ai bien senti que certains mauvais esprits détournaient ma pensée (qui ne demande que ça, je l’admets, mais il faut savoir mettre certaines limites (Donc, la mise à disposition d’une infirmerie pour soigner les éventuels bobos de chantier))).

En contrepartie, les sous-traitants peuvent présenter leur « mémoire » qui récapitule tous les travaux réalisés en supplément de ceux prévus à leur marché. J’ai bien dit « présenter », pas « se faire payer » faut pas exagérer tout de même. Bref, on est en plein dans un jeu de chat et souris mais le chat est de taille léonine****.

Et ainsi mon Directeur et notre Bestiplus favoris nous ont offert une prestation extraordinaire. A la présentation de la doudoune des retenues, il allait faire une syncope (Bestiplus évidemment !). 1% pour le téléphone, 0,2% pour l’infirmerie (avouez que c’est pas cher), 0,8% pour le nettoyage des cantonnements, 1,5% pour le CISSCT, etc, etc, etc… Tout était bon pour lui en coller une petite derrière les oreilles. Et chaque ligne était ponctuée d’un « mais… » auquel mon chef-chef-d’amour rétorquait :

« L’infirmière ? Si tu nous avais fait un malaise, on t’aurait bien soigné non ? Alors tu paies… »

C’était aussi énorme qu’une caméra cachée. Je n’arrivais pas à croire qu’il tombe dans le panneau et n’arrive pas à se figurer que l’on s’amusait de la situation.

Au bout du compte, et avec une très élégante maîtrise de sa colère, il finit par signer le bout de papier qui le contraindrait à aller voir son banquier avant de vendre sa moto ou d’hypothéquer sa maison !

Mon chef récupère le papier et, en éclatant de rire, le déchire en deux dans un grand geste théâtral. Il ressort un nouvel exemplaire de décompte, et au lieu d’y inscrire des retenues, il ajoute une petite somme rondelette en bas de page, en lui disant : « Allez, ça m’a vraiment fait plaisir de bosser avec toi et vus les efforts fournis j’pense qu’on s’mérite une bonne bouffe. Voilà la somme à dépenser et t’invites l’équipe au grand complet ».

Je sais, ce n’est pas d’une déontologie exemplaire, mais il y a prescription.

Et notre roi de la technique, nous dégote un restaurant extraordinaire, avec une cave exceptionnelle et des bouteilles à faire pâlir Jéroboam. Sur les toits, du côté du village suisse, une merveille. (Ne cherchez pas, il n’existe malheureusement plus). Et le repas se déroule parfaitement, nous étions une petite dizaine à nous marrer et profiter du cadre et de la bonne bouffe. Les heures et les bouteilles s’enchaînaient, quand arriva finalement l’heure de se quitter. Le serveur avait déjà rangé toute la salle, et nous étions les seuls clients depuis déjà bien longtemps, quand nous lui fîmes signe de nous apporter l’addition.

Dans un dernier éclair de lucidité, mon directeur préféré exige que la note lui soit remise. Etonnement général puisqu’il était communément admis que le Bureau d’Etude serait le régaleur de la soirée. Il chausse ses lunettes, regarde en diagonale l’addition et s’arrête sur le bas de page. Il fronce les sourcils et glisse un mot au serveur, qui repart, obéissant mais un tantinet abattu. 

« Voilà, monsieur, vous souhaitez vérifier un prix ? » lui fit le serveur en tendant la carte des vins !

« Hmmm… non, non… »

« Ah voilà,…. Vous nous remettrez une bouteille de Romanée-Conti 88 s’il vous plaît »

« Bien Monsieur… (pffff, mais quel chieur celui-là) »

Une vague de regards interrogateurs accueillit cette exigence aussi subite que tardive.

« Ben quoi ? » répond-il en reposant lentement ses lunettes, ménageant son effet sur son auditoire suspendu à ses lèvres…

…et il conclut avec un sourire de filou : «il manquait mille balle pour faire le compte, alors je refais les niveaux !!! »


* Voir : EPISODE N° 30 : Ethique… Tac…

** Voir : EPISODE N° 18 : On devrait interdire le tennis après le rhum !

*** Voir Episode N° 37 : Je suis une légende

**** Voir : EPISODE N° 35 : Naïveté mère de… Pour comprendre tout l’amour que je porte aux clauses léonines…


Et pour les plus assidus qui m’ont supporté jusqu’au bout (ceux-là mêmes qui lisent les génériques de fin (ceux qui dorment ne comptant pas bien sûr !)).

Je vous révèle LE Secret qui m’a rendu célèbre :

 La formule de la puissance est donc : Q = ΔT x 0,34.

Pas vrai que ça en jette ? Surtout si je vous dis que 0,34, est la chaleur massique de l’air !

A placer dans toute conversation mondaine, aussi élégamment que : « Moi, j’adooore ce que fais Bernard-Henry Levy pour les producteurs de fraises en Auvergne ».

Et dans le BTP je peux vous dire que ça fait sensation. Certes moins que de dire : « J’ai amélioré la marge du chantier de 10, 5, (allez soyons raisonnables) 3 points. », mais quand même.

Une réflexion au sujet de « EPISODE N° 41 : Mangez moi… mangez moi… mangez moi… »

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