Dis Papa !? C’est encore loin l’Amérique ?

Dis Papa !? C’est encore loin l’Amérique ?

« Si jamais elle passe, je vous jure que je quitte la France ! »

C’est à peu près en ces termes que, lors d’un de nos derniers voyages, je commentais à ma progéniture adorée le résultat effondrant des dernières élections régionales.

Le cas est peu probable, me rassuraient-ils, au deuxième tour, tout le monde votera contre elle comme en 95. Elle, vous devinez bien que ce n’est pas Ségolène ou NKM, mais la fille à Papa et la tata de l’autre folle de la région PACA.

J’ai le sentiment qu’en 95, on s’était un peu fait surprendre et que tout le monde s’est précipité aux urnes, comme on se dépêche d’aller chercher le sopalin quand on a renversé la carafe de vin sur la table. Si on fait vite on peut éviter les tâches sur la nappe et la robe de Mamy Jacqueline, mais on n’appréciera pas le vin de la même manière (Ben oui parce qu’on se sent un peu coupable, et qu’on a peur d’avoir fait des tâches indélébiles (et il y a aussi moins de vin à boire, mais je ne trouve pas d’associations d’idée avec les élections !))

Il y a cependant un avantage à la tâche : la force de la mémoire. Quand vous ressortez la nappe pour le déjeuner familio-domnical suivant, vous ne manquez pas de remarquer la tâche et, normalement, vous faites un peu plus gaffe avec le vin lors du prochain déjeuner.

Vous l’aurez compris, ma grande inquiétude est l’estompement de l’effet tâche sur notre honneur démocratique et qu’en dépit de toutes les prédications médiatiques nous soyons contraints au douloureux choix entre le bleu et le… pffff.  Et tiens, encore un argument pour cette  liberticide blonde, contre qui hein ? La force d’une organisation se mesure à sa capacité à fonctionner indépendamment des personnes qui la dirigent. Malheureusement là, on est bien obligé de constater que notre « organisation » a la force d’une huître abandonnée à marée basse sur un rocher en plein mois d’Août à Paimpol (pourquoi Paimpol ? Ben parce que ! Je vous en pose moi des questions ?). Ajoutons à cela, que les derniers conducteurs nous ont plutôt filé la gerbe, on peut comprendre que l’on n’ait pas envie de remonter dans la voiture.

Ne pas avoir envie, ne veut pas dire abdiquer. Je continuerai à aller voter (tant que je suis français (et mon infortune personnelle m’interdit d’imaginer pouvoir demander l’asile fiscal en Suisse ou au Panama)).

Et si je revenais à nos moutons ?

Prenons donc comme hypothèse que, malgré toutes les mises en garde, malgré tout un système censé nous protéger de cette éventualité, le parti de l’amitié entre les peuples et de la tolérance finisse par l’emporter. Qu’est-ce-que-c’est-y-que-je-ferai ?!

Je vous l’ai dit en préambule, je quitte la France ! Dans mes rêves les plus fous, j’aurais auparavant déchiré ma carte d’identité (enfin, comme elle est en plastoc je devrais dire couper aux ciseaux) et brûlé mon passeport devant les caméras de France 3, pour témoigner au monde entier mon indignation et mon refus de me reconnaître Français quand le pays est dirigé par les extrêmes.

Et comment tu fais pour quitter la France sans papier, gros malin ?

Ben justement, c’est bien le seul avantage, les sans-papiers seront rapidement reconduits chez eux par une administration zélée et toujours prête à coopérer avec l’Occupant (de l’Elysée s’entend). Et en plus si je me démerde bien, c’est eux qui paient le billet, c’est tout bénef (et en plus sans scrupule, parce que si au passage je peux les faire un peu chier, je ne vais pas m’en priver). Il ne me reste plus qu’à trouver le pays d’origine dont je suis censé arriver pour pouvoir y être reconduit aux frais de la Princesse.

D’où suis-je donc censé venir, pour pouvoir bien y retourner ?

Première idée évidente, les États-Unis, comme firent tant d’autres européens dans des périodes troublées similaires. Que l’on s’entende bien, je ne fais partie d’aucune minorité potentiellement réprimée, mais d’une majorité silencieuse. Et je ne veux pas que ce silence (forcé par l’incapacité démocratique à ce que les voix de réprobation soient entendues) soit interprété comme un acquiescement.

« Qui ne dit mot consent », rien du tout oui ! C’est juste que tous les appareils politiques, depuis des décennies, ont confisqué la parole pour être certains d’être réélus. Car l’enjeu des partis n’est pas de gouverner mais d’être élus !

« Oups ?! Tu parles comme Elle dis-donc !!! ». Ben ouais, malheureusement, parce que ce bout d’argument est vrai. C’est ce qui en est fait derrière qui est juste insupportable. Laissez-moi finir ma phrase.

L’enjeu des partis (en tant qu’organisation (et je parle des partis, pas des politiciens)) est d’être élus et en particulier aux législatives. Et pourquoi ? Parce qu’ils en tirent la quasi-totalité de leurs revenus publics. Le fonctionnement de leur appareil en dépend totalement. Je vous laisse aller lire ça, vous y verrez plus clair : Wikipedia : Financement public des partis politiques. (Et au passage vous aurez remarqué que 2 députés pour presque 5 millions d’euros, l’objectif, n’est même pas d’être élus, mais juste de recueillir des voix !).

Ce qui n’est pas audible (sur ce point, parce que des propos insupportables il y en a des dizaines d’autres) dans le discours extrémiste, c’est de confondre l’objectif financier d’un parti avec les ambitions des hommes et femmes politiques, qui, dans leur immense majorité, veulent réellement participer aux destinés de leur circonscription.

Bon, alors les États-Unis ? Qui sont capables de proposer aux primaires Donald Trump et de voter massivement pour lui ? Bien sûr… Dites, vous lisez ce que j’écris ?

Sans aucun jugement de valeur, j’ai assez rapidement écarté l’Amérique du Sud, l’Afrique, le Moyen Orient et l’Asie, parce que d’abord je n’y connais rien et que le peu que j’en sais ne me laisse pas imaginer des démocraties plus abouties. Préjugés, me direz-vous, sans doute, mais je n’ai pas envie d’aller tenter le coup (qui a dit d’Etat ? Et vous trouvez ça drôle ?).

Reste quoi ? L’Australie ? Pourquoi pas. Une collègue et fidèle lectrice y tente l’aventure depuis quelques mois. Depuis que leur hymne national, n’est plus God Save The Queen, c’est tentant. Un peu loin pour emmener les enfants à l’école, mais très tentant. Leur politique aborigène ma tape un peu sur le système, mais pourquoi pas, je note.

Puisque la distance influe un peu sur mon choix, restons en Europe. Mouais, mouais, mouais… Quitter la France pour aller en Belgique, en voilà une excellente idée tiens ! Oh que ça serait dépaysant et quelle preuve irréfutable de mon engagement politique et social !!! Et, quand la « guerre » sera finie et que la nation comptera ses héros,les journalistes éplucheront mes actions durant cette période, je suis sûr qu’ils auront du mal à croire que j’aurais fait acte de résistance active en me cachant à Bruges ou à Ostende.

Non,n je préfère choisir un pays à la démocratie plus participative.

La Suisse, la Norvège ou le Danemark ? Hmmm… Il n’y aurait pas quelques amis au moins aussi sympathiques que notre amie commune ?

Le choix se resserre de manière drastique dites-donc !

Mais oui, il reste l’Islande. Des moutons et des volcans. Cliché tiens !

Mariage pour tous, le premier mariage étant la Première Ministre elle-même. (oui avec une femme, pas avec un mouton !). Ils ont eu la délicatesse de ne jamais nous avoir privé de finale de coupe du monde de Foot. Quand un élu déconne, hop, petite manifestation, 30.000 personnes dans les rues et tac, j’te vire tout le monde ! Comment ça 30.000 c’est pas beaucoup ? Hé, ça fait 10% de leur population totale. Même Juppé n’a pas fait mieux en 95, c’est dire !!! Un engagement profond dans le respect environnemental (ben tiens, ils ont intérêt, s’ils veulent profiter un peu de leur bout de rocher. Mais au moins ils font des choses). On passera rapidement sur fait que leur plat national est à base de requin faisandé et de testicules de moutons marinés dans du lait aigre et qu’il fait 13°C max en été.

Bon allez, c’est dit, je prends l’Islande.

Si vous avez d’autres idées je veux bien les étudier de près (surtout si vous payez les billets pour une étude approfondie des mœurs (politiques bien sûr) locales).

Mais en attendant, je compte sur vous, pour aller voter !

Une réflexion au sujet de « Dis Papa !? C’est encore loin l’Amérique ? »

  1. Tu as oublié de parler de pays accueillants comme Andorre, le Vatican, Malte, l’Espagne, le Portugal …. Mais l’Islande est un très beau choix, sans oublier ses aurores boréales, ses geysers d’eaux chaude, et Reykjavík seule ville au monde qui possède un musée …. du préservatif !
    Bon en attendant faut tous allez voter même si notre choix doit se faire entre la peste et le choléra …

    J'aime

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